J’ai déménagé !

J’ai déménagé, alors un grand lifting s’imposait ! Maintenant, c’est par !

Aphorismes en paquet

  • paisius_athosUn liturgie véritable se passe de code. Son essence même devient code. Les gestes en découlent naturellement, non par obligation ou formalisme mimétique, mais par pur sens, par débordement de ce sens.
  • L’occident janséniste a banni le toucher. Que de souffrances éviterions-nous si nous croyions au toucher…
  • Combien de gens Jésus a-t-il guéri non en leur parlant seulement, mais aussi en les touchant ?
  • Étrange civilisation qui, en bannissant Dieu par une Sainte Raison, se plie à l’émotion irraisonnée.
  • Notre vie est respiration. Jour et nuit, action et repos, douceur et fureur. La ville moderne, dans son asynchronisme généralisé, tue cette ambivalence commune, dans l’agitation libre.
  • Arrivé à la tête de l’Etat, on ne peut avoir que deux ambitions. Celle de Dieu ou celle de soi.
  • Deux choses sont insondables : la bonté de Dieu et la prétention des imbéciles.
  • En famille, il ne me vient pas à l’idée de parler à quelque personne en la mettant au milieu d’un cercle. On la place en vu et on lui parle devant. La messe face au peuple est un non sens.

Agnus monumental

Agnus Dei de la Messe des Morts, Berlioz

De l’esthétique du religieux

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Retable de La Trinité Porhoët (56)

Un jour, un vicaire de la paroisse voulait me faire comprendre le point de vue des fidèles de la Madeleine.

Celui-ci précisait que le public se composait essentiellement de gens riches qui suivaient avec assiduité les représentations de l’Opéra-Comique. Il faut donc respecter leurs conceptions musicales.

« Monsieur l’abbé, répondis-je, quand j’entendrai en chaire les dialogues de l’Opéra-Comique, je jouerai de la musique correspondant à cette esthétique, mais pas avant. »

Camille Saint-Saens

Passant de l’esthétique de la musique à celle du mobilier liturgique, il faut avouer que le modernisme affligeant des autels et des églises modernes n’est que le signe de l’affadissement du Verbe…
Reste que le retable de La Trinité Porhoët (56, ci-dessus) témoigne encore de l’ambition esthétique d’une époque pourtant pauvre. Et même dénudée, la messe y prend un envol incontestable…

La vie, fragile et pacifiante

kal41dgm« Levé aux premières lueurs de ce 16 août, je m’attarde un peu sur le pont, capté par la tranquillité de l’ancrage. Le ciel est couvert, mais il n’y a pas de vent, et l’eau du petit cul-de-sac où nous avons trouvé abri est lisse comme un miroir. Quelques floes échoués témoignent de la remontée des fonds dont naît la plage de sable où un ruisseau divise ses eaux claires en un minuscule delta.

Tous à coup, je remarque un caribou qui broute quelques brins de mousse tout en se désaltérant, et je me rappelle la réaction de Slocum, qui, ne voulant pas supprimer une vie là où elle est naturellement si difficile à conserver, se refusa à tuer un canard dans le détroit de Magellan. Sans rien ôter à la magnanimité du geste, je comprends mieux aujourd’hui sa motivation profonde.

L’image de la vie, dans un environnement hostile, est souvent une image rassurante, et j’avoue, quant à moi, que le caribou m’est plus utile vivant que mort. Après les longues heures d’anxiété, je n’ai pas faim de sa chair, mais de sa paix. Et c’est bien elle qui m’est communiquée, broutant sans hâte dans l’herbe paisible. »

Willy de Roos, Le passage du Nord-Ouest, Arthaud, 1979

Un temps pour pleurer Charlie, un temps pour haïr Charlie

vanite-05Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux
un temps pour naître, et un temps pour mourir;
un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant;
un temps pour tuer, et un temps pour guérir;
un temps pour détruire, et un temps pour bâtir;
un temps pour pleurer, et un temps pour rire;
un temps pour pleurer, et un temps pour danser;
un temps pour aimer, et un temps pour haïr;

Ecc, 3

Le 7 janvier, des hommes sont morts.

Depuis le Christ, la mort est devenu ce point clé de la vie de l’homme, cet arrêt des compteurs, cet appel à l’Éternité. Car c’est bien le summum de cette vie d’exil que Jésus lui-même a partagé, cette abomination conséquente de nos péchés, et non quelque parole ou quelque sermon. La vie donnée par Dieu est réelle et unique, fragile et belle et son arrêt un drame inouï. A chaque mort, la Création toute entière pleure. A ces pleurs il revient de s’associer, dans l’émotion que revêt chaque mort, aussi humble soit-elle. Ce qui a été fait ici, contrairement aux fines gueules catholiques qui, tout de suite, ici et , ont vomi sur des cadavres encore chauds.

Puis viennent, comme le rappelle St Grégoire de Nysse, « le temps et la mesure », qui sont « les deux critères du beau » (Homélies sur l’Ecclésiaste).

Après les pleurs et l’émotion, après les enterrements et les cérémonies, viennent donc maintenant le temps et la mesure des choses (et ce même je ne sais vraiment si mon temps et ma mesure sont justes).

Vient donc le moment de haïr Charlie, sa prose et son nombrilisme franchouillard. Vient le temps de haïr Charlie, non pas ses hommes et ses femmes, petits instruments, mais bien leur prison mentale, cette acharnement pervers de la haine et de l’insulte. Vient le temps de détester ce qui nie l’éternité et le beau, pour s’acharner sur le laid et l’insignifiant.

Vanité des vanités, tout est vanité. Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ? Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.

La liberté d’expression de Charlie est mensonge et vanité. Elle est blessure et obscurantisme puisqu’elle n’écoute pas, elle ne vit pas. Elle est orgueil nombriliste et volonté destructrice. Elle est poursuite du vent dans nos routes vers l’Éternité.

A l’heure du bilan, rien de ces fausses valeurs ne nous sera compté : seul l’amour le sera.

Il est donc temps de détruire les idoles et de haïr Charlie.

(à ceux qui reprocheraient l’illogisme de mon propos, je leur conseille d’aller penser en Orient. Du côté des pays du Christ.)

Charlie ou pas ? La danse des imposteurs

280px-TartuffeImposteurAinsi, certains se tripotent à savoir s’ils sont Charlie ou pas.

Certains pour qui j’ai des sympathies, d’autres moins. Ces gens analysent, discutent des actes de l’équipe Charlie et de la tragédie passée.

Pourtant, le réel est que 12 personnes sont mortes, assassinées.
A 12h19 ce 7 janvier, ils respiraient, parlaient.
A 12h21 ce 7 janvier, ils étaient morts.
Les assassins ont agi en criant « Allah Oukbar », sans pitié, comme le demandent nombre de musulmans hors de France.
Cela est réel et factuel.

Aux aimables commentateurs, je demande simplement dans quelle mesure ils estiment que ces assassinés ne méritent pas une totale et inconditionnelle fraternité ? Quel est cet orgueil sordide et implacable qui, à l’heure de la mort, leur fait se détourner un tant soit peu de leurs frères dont ils ignorent les tréfonds, les raisons, le cheminement ? Quel est cette pudibonderie bourgeoise qui les fait restreindre leur amour au moment du jugement de Dieu ? Quelle est cette certitude odieuse qui les fait se pincer le nez sur des cadavres encore chauds ? Quelle est cette prétention démente qui les fait se prendre pour Dieu et distribuer, en bons princes, récompenses et réprimandes ?

Ne pas être Charlie à l’heure de la mort, c’est valider la tuerie.

Ne pas être Charlie à l’heure de la mort, c’est refuser l’accueil inconditionnel du pire pécheur.

Ne pas être Charlie à l’heure de la mort, c’est trahir le Christ.

Un autre jour nous traiterons de la nature de l’incompréhension fondamentale entre Orient et Occident.
Ou de l’impossibilité d’assimilation durable entre Europe chrétienne et culture islamique.

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