Psar et le gallicanisme : la nouvelle ruse du diable…
14 novembre 2011 3 Commentaires
On connaît l’adage : la plus belle ruse du diable, c’est de nous faire croire qu’il n’existe pas. Vrai, mais je crois que le grappin(*), fort en coups tordus, a sorti un autre tour de son sac : la nouvelle ruse n’est plus de nous faire croire qu’il n’existe pas mais au contraire, de laisser croire que Dieu existe…
Dans son roman culte Le Montage, Vladimir Volkoff montre comment le jeune Aleksandre Psar, fils de russes blancs parisiens et envieux d’un retour dans son pays d’origine, est recruté dans les années 50 par les moustachus rouges. Gentiment obéissant, vaguement mystique, Psar passe 30 ans de sa vie à infiltrer les milieux littéraires, dans une bonhomie sympathique, jouant les arbitres ronds et arrangeants. De penchant social-démocrate, il arrive peu à peu à être le tenant d’une position humaniste, parfois tranchée mais toujours juste.
Limitant le trop vrai, poussant l’ambigu, Psar construit sa toile, et collabore peu à peu à un réseau d’influence de centre-droit. Manoeuvrant finement, de “questionnements” en doutes, il défait avec le temps les fondamentaux, les vérités, et participe à l’organisation d’une culture fausse, initialement enracinée dans le vrai, mais la déviant peu à peu, imperceptiblement, pour mieux la corrompre.
On laissera à ce stade la lutte de Psar contre le prophète La Vérité Russe, et sa rédemption finale. Mais on retiendra le temps, la position, la stratégie.
30 ans pour une position, une action de fond, la déviation imperceptible de la vérité par le contrôle des consciences.
30 ans, une position, un contrôle.
Alors, dites-vous, quel rapport avec le diable, ses ruses et notre église gallicane ? Comme déjà présenté avec maladresse sans doute, il m’apparaît que des positions aient été prises qui, dans les mêmes durées que celles du Retournement, ressemblent à une inflitration infernale.
Chaque jour, rien ne semble mauvais, déplaisant.
Tout tourne, gentiment, sympathiquement. Les messes sont dites, les sermons prononcés, les baptêmes célébrés. On se réunit, on célèbre, on se sourit.
Mais, sur la durée volkoffienne, qui est aussi celle de SunTzu, un gap, un trou s’est comblé. De 2 enfants en moins dans les confirmations, de 5 communions de moins, les églises, peu à peu, se vident. Et, de pacs en vies à la colle, de suicides en solitudes, l’Eglise abandonne le monde qui se fige dans un désespoir total, un non-sens égoïste.
Que s’est-il passé ? Comme Psar agissant dans le feutré, on a contrôlé, minimisé, étouffé. Les actions, les élans vitaux qui doivent être initiés, entrepris, n’ont jamais été décidés. Toute organisation demande 5 initiatives pour une action ; toute vie appelle cinq élans pour un être, toute forêt demande mille plants pour dix arbres. Et, ici, dans notre église gallicane, trop peu a été adoré, prié, entrepris.
L’agir a été limité sous couvert de priorité à la prière, qui, elle-même a cessé “faute de combattants”, lassés de l’immobilisme et trouvant à la télé et au chaud les mêmes sermons plats. La confession, jamais poussée, sortie par faute de confessés… La réforme de la catéchèse n’a jamais été lancée. La construction d’une réelle instruction religieuse du même niveau que l’instruction des lycées jamais faite. La formation des fiancés limitée au minimum. L’embauche dans les “EAP” limitée à des gnagnans discrets. On optimise et déménage les messes, vieille solution de management pour supprimer des têtes. L’Adoration permanente laissé en gimmick aux chachas. Le chapelet aux vieilles. Le Christ aux fidèles pas aux gestionnaires. Pas de caté dans les écoles. Là où les choses doivent être faite, surtout ne pas les faire. Ne jamais refuser les saintes initiatives, mais accepter et ne pas soutenir : peu à peu, elles s’essoufflent. Et tout doucement, mortellement, la nasse s’est resserrée, et on se retrouve au main d’une église gallicane vide, mortellement vide.
Alors d’un côté, on se dit : non, ce n’est pas possible, pas dans l’Eglise ! Mais de l’autre, on se souvient des “fumées de Satan dans l’Eglise”, pas si anciennes à échelle de génération. Puisant notre espérance dans le Christ, il devient impossible de croire à une telle descente aux enfers sans un plan précis, uns stratégie finement déployée, dans le temps, avec une gestion subtile. Et on connaît la capacité du diviseur à se cacher, loin, même dans nos propres inconscients ! Nul besoin de messes noires, de volontés sataniques, de vente d’âmes sur un e-Bay spirituel -encore que !-. Non, juste le laisser, l’abandon de la résistance, l’amollissement du serviteur au seul talent…
Quelles infiltrations lentes, quels recrutements infernaux des Psars écclésiaux ont eu lieu il y a 30, 40 ans ? Quelle fidélité malsaine à quelle foi intime motive les coeurs ? Quels egos, quelle nostalgies motivent ces chefs mortifères ?
Et pour nous, pêcheurs, quelle prière de pardon, de charité, pour annoncer le Christ libérateur ?
La nouvelle vraie ruse du diable est de laisser croire que Dieu existe, mollement, gentiment, s’effaçant, et que le minimum suffise.
A vos chapelets !
(*) comme le surnommait le curé d’Ars (NPI, Note Pour les Ignares)
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Je pense que cette conférence de Yuri Bezmenov, ancien agent du KGB passé à l’Ouest, devrait vous intéresser, si vous ne la connaissez pas déjà : elle s’intitule The Subversion Process.